La culpabilité et la honte d'après Frédéric Arminot

La culpabilité et la honte d’après Frédéric Arminot

Définition de la honte

La honte est une émotion particulièrement désagréable. C’est elle qui nous précise combien nous n’avons pas su faire quelque chose ou gérer une situation. Qu’ainsi, en ayant mal fait ou mal agit, nous sommes coupable aux yeux des autres de n’avoir pas eu le comportement adapté.

La honte a à voir avec le déshonneur, le désaveu, l’exclusion ou encore l’ostracisme. La honte fait le lit de l’humiliation et de la culpabilité. Si vous ressentez une telle émotion, vous avez donc, avant, pendant et après elle, toutes les raisons d’avoir peur, peur d’avoir peur, donc toutes les raisons d’être victime d’angoisses ou de crise d’angoisses voire decrise de panique.

Définition de la culpabilité

Dans le mot culpabilité, il y a la racine coupable. La culpabilité consiste en une émotion qui fait suite à quelque chose que nous avons fait mal fait ou exprimé et qui induit un échec. Le plus généralement, une personne a honte car elle se sent coupable d’avoir échoué.

Quand on dit qu’une personne est coupable, c’est parce qu’elle aura échoué de façon délibérée. C’est à dire qu’elle n’aura pas agit comme il faut parce que délibérément elle n’aura pas pris la mesure de l’importance de ce qu’il convenait de faire. Elle n’aura pas su bien faire et aura fui ses responsabilités.

Autant à propos de la honte que de la culpabilité, il est, depuis la nuit des temps, fait un amalgame entre culpabilité et responsabilité.

Par exemple, quelqu’un qui vole et est pris en flagrant délit. Le voleur, ou la voleuse, sera considéré comme responsable ou coupable de ce délit.

Coupable parce que c’est bien cette personne qui s’est délibérément affranchie des règles (sociales et juridiques), et responsable car il lui faudra assumer les conséquences de son acte délictueux (justice).

A contrario, si nous prenons l’exemple de quelqu’un qui souffre de phobie sociale ou d’anxiété sociale, cette personne a honte de ne savoir gérer ses relations avec les autres et se sent coupable d’échouer là où d’autres réussissent.

Or, cette personne, phobique sociale, n’est ni responsable ni coupable. Ce n’est pas qu’elle ne veuille pas délibérément entrer en communication avec les autres, c’est plus prosaïquement qu’elle ne le peut pas. Le voudrait-elle qu’elle ne le pourrait pas. Elle est confrontée à des blocages émotionnels qui inhibent son désir et son besoin de communication. C’est plus fort qu’elle. Elle ne peut être accusée ni d’être coupable ni d’être responsable de son problème.

C’est sur la foi d’éléments relatifs à la construction de sa personnalité (cf. peur du jugement des autres), expériences de vie) qu’elle est victime de son problème de phobie et d’angoisses phobiques. Il est donc stérile de l’accuser et de considérer qu’elle ne fait pas ce qu’il faut.

A ce propos, c’est comme si l’on accusait une tierce personne de ne pas savoir se comporter de façon adulte et responsable face à un groupe d’individus agressifs et… armés jusqu’aux dents…

Ou comme si un enfant devait se sentir coupable quand il est victime de racket. S’il se sent coupable, c’est sur la foi de ce qu’il pense que l’on attend de lui – qu’il soit courageux et soit aimé pour cela – comme la peur, pour ne pas écrire l’angoisse qu’il nourrit à propos de ce que les autres penseront de lui quand il sera notoire qu’il n’aura pas su s’opposer à un « putsch affectif ».

De fait, cet enfant ressentira de la honte de n’avoir pas su s’opposer alors que d’autres y arrivent. C’est du moins ce dont il est convaincu. Au surplus, si les agresseurs s’en prennent à lui, c’est donc qu’il a quelque chose de moins que les autres qui permettent aux agresseurs d’agir en toute impunité. L’enfant considérera donc que c’est de sa faute à lui si cela existe. Il se sentira d’autant plus honteux et coupable qu’il se sentira, par son silence… complice! Ou peur qu’on l’accuse de complicité. Et, ainsi, la boucle est bouclée.

Tant à propos de la honte que de la culpabilité, c’est sur la foi de comparaisons entre les autres et soi et, partant, la peur du jugement, que l’on ressent de telles émotions. Ce sont donc des éléments affectifs constitutifs de la personnalité qui vous feront ressentir l’une ou l’autre de ces émotions, et les deux le plus souvent.

Quels sont les traits de votre personnalité qui participent à construire honte et culpabilité

Comme je l’explique dans l’une des trois vidéos gratuites mises à votre disposition, nos personnalités respectives sont toutes construites de la même façon. Tous ces éléments sont à considérer comme des facteurs affectifs puisqu’ils vont, au fil du temps, constituer les bases puis les fondements de vos façons d’être et de faire.

En fonction de vos expériences de vie, et de tout un tas d’autres facteurs, si vous avez été victime à des degrés divers, d’émotions traumatiques – la moindre petite humiliation peut y suffire -, cela va conditionner les sentiments de honte et de culpabilité.

En effet, vous conserverez un trés trés mauvais souvenir d’un évènement ou d’une situation dont vous aurez été victime. Ce que vous conserverez en est traumatique au sens où vous aurez été choqué(e). Vous garderez cette émotion en mémoire en étant convaincu(e) que vous n’aviez pas su vous comporter comme il le fallait pour vous affirmer.

Votre manque de confiance en soi, conséquence de ce trouble, générera angoisse voire anxiété et, partant, vous aurez honte et vous sentirez coupable de ne pas avoir agit comme il le fallait – à votre sens -.

De fait, à chaque fois que vous serez face à une situation analogue, les éléments constituants votre personnalité pourraient, en tout ou partie, empêcher que vous ayez le « bon comportement ». Plus vous serez empêché, plus vous serez inhibé(e), pire seront votre honte et votre culpabilité. Et, comme je l’écrivais plus haut, c’est trés simplement, bien que trés douloureusement, parce que vous êtes confronté(e) à un blocage émotionnel.

Or, sans que votre courage et votre désir de changement ne soient à remettre en cause, vous ne pourrez pas, seul(e) et sans armes,  débloquer la situation. Plus vous essaierez, plus vous prendrez le risque d’être victime d’angoisse, de crise d’angoisse ou d’attaque de panique puisque votre honte et votre culpabilité, malgré vous, les nourriront.

En quoi la honte et la culpabilité sont-ils des facteurs aggravants de vos angoisses

Comme expliqué précédemment, plus vous essaierez de vous contraindre à faire ce qu’il faut dans une situation qui vous procure angoisse et, pourquoi pas, crise d’angoisse, moins vous arriverez à répondre de la façon la plus adaptée.

La difficulté réside donc dans votre capacité à apprécier la situation de façon objective, or, le voudriez vous que vous ne le pourriez pas. N’avez vous pas peur de ne pas savoir être ou pas savoir faire?

En conséquence, à chaque fois que vous allez essayer ou, pire, que vous êtes pris d’angoisses, et que vous ne réussissez pas, cela va favoriser une angoisse. Cette angoisse sera une conséquence de la situation que vous viendrez de subir. Cette angoisse nourrira la honte et la culpabilité de n’avoir pas su, d’avoir échouer, ce qui générera angoisses, voire une angoisse chronique à l’idée d’être de nouveau face à une situation que vous redoutez.

De fait, votre angoisses initiales feront le lit de votre honte et de votre culpabilité qui, elles mêmes, nourriront – enrichiront – les angoisses à venir. Vous êtes pris au piège! Voilà ce en quoi, honte et culpabilité sont des facteurs aggravants de vos angoisses.

Comment ne plus vous sentir honteux et coupable quand vous n’arrivez pas à gérer vos angoisses

Vous avez beau avoir tout essayé pour ne pas ressentir honte et culpabilité, vous avez eu beau tout faire pour accroître votre capital confiance en soi, rien n’y fait! Votre bonne volonté et votre désir de changement ne sont aucunement à mettre en cause.

Vous êtes face à des notions de bien et de mal qui, avec le temps et sur la foi de vos expériences de vie, échappent à votre contrôle.

Plutôt que de vouloir maitriser une situation incontrôlable, qu’est-ce qui vous empêche de commencer par le début? C’est à dire que, plutôt que d’envisager le super comportement, pourquoi n’envisagez vous pas de commencer par vous demander quelle serait la toute première chose, et la plus facile et la plus petite, qui pourrait commencer à vous donner un soupçon de confiance en vous à compter du moment où vous la satisferiez?

Imaginons que vous travaillez. Votre chef de service est une personne d’autant moins facile que vous la savez exigeante. Plutôt que d’avoir peur et de vous sentir empreint de honte et de culpabilité à ne jamais avoir la certitude de ne pas la contenter, posez vous la question de savoir quelle serait la plus petite et la toute première chose, en même temps, qui puisse commencer à la contenter et, de fait, vous renvoyer de vous une image positive.

La première solution c’est de lâcher le contrôle en ce qui vous concerne. Le début de la solution consiste à sortir de vous et à vous occuper du besoin de l’autre. Cela vous protègera de vos propres inhibition. Au lieu de vous intimer l’ordre de réussir, c’est à dire de tout faire bien, et par conséquent de participer involontairement à votre échec, il vous faudra envisager de commencer par constater, objectivement, que vous avez moins voire plus aucune raison objective de ressentir honte et culpabilité puisque, même à hauteur de 5 % seulement vous avez réussi.

Moralité, fonctionnez par petits objectifs, cela sera plus facile de vous remettre d’une difficulté éventuelle et progressivement trés encourageant comme le dit Guillaume dans son témoignage, je cite: « J’ai retranscrit mes victoires sur le papier pour me prouver que j’y étais arrivé ».

Guillaume a raison. De fait, il pose les bases de la seconde solution. posez objectivement sur le papier tout ce qui concerne la situation qui vous procure de l angoisse puis réfléchissez à ce qu’une personne qui n’aurait pas votre problème ferait en pareille situation et, enfin, passez à l’acte à hauteur de 5 à 10 % de ce que vous avez écrit de ce que cette personne ferait.

Ainsi, progressivement, vous subirez moins de honte, moins de culpabilité, moins de phobie et bénéficierez de… plus de confiance en vous et, en prime, les autres vous renverront une image positive de vous même!

P.S: les deux solutions proposées ici ne sont que les deux premières de tout un éventail thérapeutique auquel je fais allusion dans l’article: « Les incroyables bénéfices de la thérapie comportementale pour ne plus souffrir d’angoisse et de crise d’angoisse« .

Le lien: http://fredericarminot.com/culpabilite-honte/

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